L'endroit que l'on appelle le coron était sur la commune justice des deux seigneurs, tandis que l'endroit appelé Planche à l'Aune était au comte de Boussu, et Blaugies proprement dit appartenait à l'abbaye de Saint Ghislain.
Il y avait ainsi quelques parties du territoire enclavées dans les seigneuries de Warquignies et du Bosqueau.
L'abbaye de Saint Ghislain possédait à Blaugies 52 bonniers de terres et prés, la grosse dîme et le terrage la menue dîme avant la révolution, pour deux mille quatre-vingt quatre livres annuellement.
Voici ce que dit un tableau des fiefs du Hainaut de1450, en ce qui concerne la seigneurie du comte de Boussu :
Monsieur de Boussut tient un fief lige à Blaugies, contenant une maison, entre, grange maréchaussée, et le tout pour pris du castel de Blaugies avec justice haute, moyenne et basse, et autres droits seigneuriaux, le tout rapportant annuellement 400 livres.
Il y avait encore à Blaugies un autre fief lige avec justice, mais il était peu considérable; il appartenait vers 1450 à un appelé Willome Antoine.
On voit dans l'histoire des gardes wallonnes du colonel Guillaume, qu'il y a dans ses régiments plusieurs officiers du nom de Blaugies. Il paraîtrait qu'ils étaient de famille noble, puis qu'avant la révolution française, il était rare de voir un roturier devenir officier. Or, dans le corps d'élite, le simple lieutenant avait le grade de lieutenant - colonnel, et les familles les plus illustres des Pays- Bas montraient tout un grand empressement à en faire partie. Cependant, aucune trace en Belgique d'une famille noble de ce nom, sinon en remontant très haut.
Extrait des annales de l'abbaye de Saint Ghislain
En 1180, Alman de Blaugies signa une donation de serfs faite à un monastère. En 1354, Pierre Andréa, évêque de Cambray, par une lettre donnée au Cateau-Cambrésis, le 21 décembre, confirma la chapelle que Jean Mareschaux, dit le clerc d'Aval, fonda dans l'église de Blaugies, à l'honneur de la sainte Vierge, après que les biens en furent amortis par Jeanne d'Enghien, dame de Boussu et de Blaugies. On voit par la lettre de Jeanne d'Enghien , qu' Alix d'Aubercicourt, noble demoiselle; gisait en la dite chapelle.
En 1380, un fameux scélérat, nommé louis le Corgnier, ayant été pris le jour de la Nativité de la sainte Vierge, à Blaugies, sur la commune justice de Gilles de Hennin, surnommé Persant, seigneur de Boussu et de Blaugies, et de l'abbaye de saint Ghislain pour avoir empoisonné des ruisseaux et fontaines; il fut condamné, après avoir avoué ses crimes par Arnould Carpentier, bailly de ce seigneur. Il a été traîné sur une claie, roué vif et brûlé, exposé sur une roue sur la justice particulière de Gilles de Hentin sans que l'abbé et Philippe de Pretbiecquet, son bailly, en eussent été avertis. Prélat appris, il obligea juridiquement Arnould Carpentier de faire transporter la potence et la roue sur la commune justice des deux seigneuries où on brûla en effigie Louis le Corgnier, en présence d'un grand nombre de féodaux, de l'abbaye et du comte de Hainaut: devant la maison du curé de Blaugies